GIERSA, Groupe interuniversitaire d’études et de recherches sur les sociétés africaines

Groupe interuniversitaire d’études et de recherches sur les sociétés africaines

PARTENAIRES

Université Laval Université de Montréal Université du Québec à Montréal

Le GIERSA bénéficie du programme « Soutien aux équipes de recherche » du
Fonds de recherche Société et culture, gourvernement du Québec

Accès aux soins obstétricaux d’urgence au Mali : dépenses catastrophiques et conséquences au sein des ménages

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Après des années d’efforts, l’Afrique Sub-saharienne n’a connu qu’une faible amélioration de ses indicateurs de santé maternelle. Assurer l’accès aux soins obstétricaux d’urgence (SOU) pour toutes les femmes est une stratégie efficace pour réduire la mortalité maternelle. Cependant, ces soins sont dispendieux et ces dépenses peuvent être « catastrophiques ». Afin d’en réduire le fardeau, le Mali a instauré la gratuité de la césarienne et un système de référence-évacuation. L’objectif de cette étude est d’examiner la prévalence et les facteurs contribuant aux dépenses catastrophiques liées aux SOU dans la région de Kayes, Mali. Elle vise aussi à étudier les conséquences socioéconomiques de ces dépenses au sein des ménages. L’étude a révélé que les dépenses lors d’urgences obstétricales sont en moyenne de 71535 FCFA (US$ 152). Entre 20.7% et 53.5% des ménages ont encouru des dépenses catastrophiques supérieures à 15% et 5% de leur revenu annuel respectivement. Les ménages de femmes sans éducation, du milieu rural et ayant souffert d’infection post-partum sont les plus à risque d’encourir des dépenses catastrophiques. La césarienne n’est pas associée à une probabilité réduite de dépense catastrophique malgré la gratuité. Faire des dépenses élevées ne garantie pas la survie de la mère puisque entre 19,4% et 47,1% des décès maternels ont encouru des dépenses catastrophiques. Enfin, les ménages s’endettent et vendent fréquemment des biens pour faire face aux dépenses ce qui créé des difficultés financières importantes à long terme. La création de nouvelles politiques de financement sera nécessaire à l’amélioration de la santé maternelle au Mali.

After years of efforts, countries in sub-Saharan Africa have seen little to no improvement in their maternal health indicators. Ensuring access to emergency obstetric care (EmOC) for all women is a strategy proven to reduce maternal mortality. However, EmOC in sub-Saharan Africa can be extremely costly and can generate ‘’catastrophic’’ expenses. In order to reduce the economic burden of EmOC in Mali, user fees for caesareans were abolished and a maternity referral-system was created. The aim of this study is to investigate the incidence of and the factors associated with catastrophic EmOC expenditure in the region of Kayes, Mali. It also aims to identify the well-being consequences of high EmOC expenses. This study brings forth the following points. Firstly, the average EmOC expenditure was 71535 FCFA (US$ 152). Secondly, between 20.7% and 53.5% of households faced catastrophic expenditures greater than 15% and 5% of their annual income respectively. Women with no education, living in rural areas and with a postpartum infection had a higher propensity of catastrophic spending. Having a caesarean was not associated with a reduced risk of catastrophic expenditures despite the abolition of user fees for caesareans. Between 19.4% and 47.1% of households of maternal deaths also had catastrophic spending. Finally, households often had to borrow money and sell assets to pay for EmOC which led to considerable long-lasting financial difficulties. As long as policies fail to protect households from catastrophic EmOC expenditures, we cannot expect to see any great progress in reducing maternal mortality in Mali.