GIERSA, Groupe interuniversitaire d’études et de recherches sur les sociétés africaines

Groupe interuniversitaire d’études et de recherches sur les sociétés africaines

PARTENAIRES

Université Laval Université de Montréal Université du Québec à Montréal

Le GIERSA bénéficie du programme « Soutien aux équipes de recherche » du
Fonds de recherche Société et culture, gourvernement du Québec

La logique de l'éternité: Dimensions rituelles des pouvoirs politiques Yoruba

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Le postulat selon lequel l'appréhension des systèmes politiques africains repose sur un rapport dialectique entre le pouvoir et le sacré suffit-il pour attester les différentes formes d'expression des pouvoirs politiques de la tradition? Aux fondements du politique et de l'exercice des cultes, le sacré assigne une origine commune. Dans le contexte yorùbá, la légitimation de l'organisation politique est assurée par la cosmogonie, à laquelle suppléent les mythes étiologiques. Société à État, la permanence des institutions politiques se conçoit à travers la réinterprétation constante de la temporalité (sanction des savoirs mantiques), la retranscription ponctuelle des espaces sacrés et les occurrences rituelles exaltant les vécus personnels. Si l'adhésion collective aux valeurs prônées par le pouvoir institué est favorisée par les références permanentes au sacré, les autres savoirs religieux, oraculaire et la sorcellerie procèdent à l'examen et à la régulation dudit pouvoir, en se portant comme conditions de son partage et comme garanties de sa pérennité. La force du pouvoir réside dans son caractère collectif. Chez les Yorùbá, l'exercice du pouvoir reste fondamentalement un exercice des savoirs. De fait, pour déroger aux suggestions de plusieurs spécialistes de cette aire culturelle, le roi, comme protagoniste du "théâtre d'État", n'accède ni de son vivant, ni même à sa mort au statut divin. Sa sacralisation et la sacralité de ses fonctions participent seules à son avènement. Elles ne confèrent pas d'autre dignité. En définitive, nous avons appréhendé le pouvoir comme la connexion entre l'histoire humaine (avec l'intervention des ancêtres réincarnables) et l'éternité du monde cosmique et des entités spirituelles (òrìsà).